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Rupture de stock AQUAVAC RELERA : Anticipez les alternatives pour vos protocoles de désinfection

L'Anses a récemment émis une alerte concernant une rupture de stock du produit biocide AQUAVAC RELERA. Cette situation impose aux entreprises de propreté et multiservices de réévaluer leurs protocoles, notamment pour la désinfection des surfaces en contact avec les denrées alimentaires.

Par Claire Fontaine, Rédactrice en chef7 min de lecture
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La veille réglementaire est un exercice crucial pour toute entreprise du secteur de la propreté. Récemment, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a signalé une rupture de stock pour le produit biocide AQUAVAC RELERA. Si ce nom ne vous dit rien de prime abord, cette alerte est pourtant un signal fort pour nos entreprises, les incitant à revoir leurs pratiques, notamment en matière de désinfection des surfaces critiques.

Comprendre l'enjeu de la rupture d'un biocide de référence

AQUAVAC RELERA est un désinfectant dont l'autorisation de mise sur le marché (AMM) a été délivrée par l'Anses. Ces produits, souvent utilisés pour la désinfection de haut niveau, notamment en milieu agroalimentaire ou hospitalier (bien que le contexte exact d'AQUAVAC RELERA ne soit pas précisé, l'Anses gère les AMM pour une large gamme de biocides), sont soumis à des contrôles stricts. Une rupture de stock n'est pas une simple indisponibilité commerciale ; elle implique qu'une solution validée et conforme n'est plus accessible temporairement ou définitivement. Pour les entreprises de propreté et multiservices, cela signifie qu'un maillon de la chaîne de leurs protocoles de désinfection, potentiellement utilisé pour des clients exigeants (restauration collective, industries agroalimentaires, établissements de santé, etc.), est manquant.

Impacts opérationnels : Quand l'absence d'un produit bouscule l'organisation

La première conséquence directe est la nécessité de trouver une alternative. Mais attention, remplacer un biocide ne se fait pas à la légère. Il ne s'agit pas de prendre le premier produit venu. Pour un responsable d'exploitation, cela implique :

  • Révision des protocoles d'intervention : Si AQUAVAC RELERA était intégré à des protocoles de nettoyage et désinfection (PND) spécifiques, ceux-ci doivent être mis à jour. Cela concerne la nature du produit, les concentrations, les temps de contact, les modalités d'application et de rinçage, etc.
  • Formation du personnel : Tout changement de produit ou de protocole nécessite une formation immédiate et documentée des agents de propreté. Ils doivent être informés des nouveaux risques (pictogrammes, phrases H/P), des bonnes pratiques d'utilisation, et des équipements de protection individuelle (EPI) adaptés.
  • Gestion des stocks et commandes : Il est impératif de faire un inventaire des stocks restants et d'anticiper les commandes des produits de substitution validés pour éviter toute interruption de service.
  • Communication client : Pour les sites sensibles (IAA, santé), il est crucial d'informer les clients du changement de produit et de les rassurer sur la conformité de la nouvelle solution. Ceci est d'autant plus important si le produit de désinfection fait partie des exigences contractuelles ou des audits clients (type IFS, BRC).

Points de vigilance réglementaire et conformité

Le remplacement d'un biocide est encadré par des règles strictes, notamment au regard de la Directive Biocides et de la réglementation européenne (Règlement (UE) n° 528/2012). Voici les points à considérer impérativement :

  • Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) : Le produit de substitution doit impérativement bénéficier d'une AMM délivrée par l'Anses pour le type d'usage visé (désinfection de surface, PT4 pour désinfectants pour les surfaces en contact avec les denrées alimentaires et les aliments pour animaux, par exemple). Vérifiez les avis sur le site de l'Anses.
  • Spectre d'action : L'alternative doit offrir un spectre d'activité biocide (bactéricide, fongicide, virucide, sporicide) équivalent ou supérieur à celui d'AQUAVAC RELERA, en fonction des risques identifiés sur les sites à traiter.
  • Compatibilité matériaux : S'assurer que le nouveau produit est compatible avec les surfaces à traiter pour éviter toute dégradation ou corrosion (acier inoxydable, plastiques, etc.).
  • Sécurité pour l'utilisateur et l'environnement : Analyser la fiche de données de sécurité (FDS) du nouveau produit. Les risques doivent être évalués et maîtrisés (port d'EPI adaptés, ventilation).
  • Rinçage : En milieu agroalimentaire, la nécessité d'un rinçage après désinfection est souvent primordiale pour éviter la migration de substances chimiques vers les denrées. Vérifiez cette exigence pour le nouveau produit.
  • Conventions collectives et Annexe 7 : Assurez-vous que les nouvelles pratiques et l'utilisation de nouveaux produits restent conformes aux exigences de la convention collective des entreprises de propreté (IDCC 3043) en matière de santé et sécurité au travail. Les EPI doivent être adaptés et fournis gratuitement aux salariés.

Anticiper pour maintenir la qualité de service et la certification

Une approche proactive est la clé pour gérer ce type d'incident. Plutôt que d'attendre la pénurie, les entreprises peuvent :

  • Diversifier les fournisseurs : Ne pas dépendre d'un seul fournisseur ou d'une seule marque pour les produits critiques.
  • Établir une liste de produits de substitution validés : Avoir des alternatives pré-qualifiées (avec AMM, FDS, protocoles validés) pour chaque usage sensible. Cela peut être intégré dans le manuel qualité ou les procédures opérationnelles.
  • Veille réglementaire continue : S'abonner aux alertes de l'Anses et des organismes de santé pour être informé des ruptures de stock ou des retraits de produits.
  • Maintien des certifications : Pour les entreprises certifiées (QUALIPROPRE, ISO 9001, 14001, 45001, MASE), la gestion des non-conformités, la traçabilité des changements de produits et la formation du personnel sont des points audités. Une gestion rigoureuse de ce type d'alerte permet de maintenir la conformité et la validité de ces certifications.

La rupture de stock d'un produit comme AQUAVAC RELERA est une piqûre de rappel sur l'importance de la flexibilité et de la rigueur dans le secteur de la propreté. C'est l'occasion de revoir et de solidifier vos plans de continuité d'activité pour garantir la sécurité et la satisfaction de vos clients.

Checklist d'action rapide face à une rupture de biocide :

  1. Identifier précisément le produit concerné dans vos protocoles.
  2. Vérifier vos stocks résiduels et la date limite d'utilisation.
  3. Rechercher des produits de substitution avec une AMM équivalente pour l'usage visé (notamment PT4).
  4. Obtenir les FDS complètes des produits alternatifs.
  5. Mettre à jour vos protocoles de nettoyage et désinfection (PND).
  6. Former et informer le personnel sur les nouveaux produits et procédures.
  7. Commander les produits de substitution et assurer un approvisionnement continu.
  8. Communiquer avec les clients concernés, si nécessaire.
  9. Documenter toutes les modifications pour la traçabilité et les audits.
  10. Évaluer l'efficacité du nouveau produit et ajuster si besoin.

Source de veille : [Anses — Actualités produits et substances](https://www.anses.fr/fr/content/actualisation-rupture-aquavac-relera).

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une AMM pour un biocide ?
Une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) est une autorisation délivrée par l'Anses en France, ou par l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) pour certains produits, qui certifie que le biocide est efficace et présente un niveau de risque acceptable pour l'homme, l'animal et l'environnement, dans les conditions d'utilisation spécifiées. Sans AMM, un biocide ne peut être commercialisé ni utilisé légalement.
Quel type de biocide est souvent concerné par des usages en agroalimentaire ?
Les biocides utilisés en agroalimentaire sont généralement classés dans le type de produit 4 (PT4) selon le Règlement Biocides de l'UE. Il s'agit de désinfectants pour les surfaces en contact avec les denrées alimentaires et les aliments pour animaux. Ils doivent être rigoureusement sélectionnés pour leur efficacité sur les microorganismes pertinents et l'absence de toxicité résiduelle après rinçage.
Comment s'assurer de la conformité du produit de substitution ?
Pour assurer la conformité, le produit de substitution doit posséder une AMM valide de l'Anses (vérifiable sur leur site internet) pour l'usage précis que vous en ferez. Il faut également consulter sa Fiche de Données de Sécurité (FDS) pour évaluer les risques, les conditions d'utilisation, de stockage et d'élimination. Enfin, s'assurer que son spectre d'action est adapté aux besoins de désinfection spécifiques de vos sites clients.
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