Produits Phytopharmaceutiques : L'autorisation de nouvelles molécules, un signal pour l'évolution de la gestion des espaces verts et des nuisibles
L'Anses a récemment autorisé la mise sur le marché d'un produit phytopharmaceutique générique, le KRYON, un événement qui, bien que sectoriel, résonne avec les défis environnementaux et réglementaires auxquels sont confrontées les entreprises de propreté et multiservices. Cette décision met en lumière l'importance de l'adaptation aux évolutions des substances actives et des méthodes de gestion des espaces verts, y compris la lutte contre les espèces invasives, pour nos professionnels.
# Produits Phytopharmaceutiques : L'autorisation de nouvelles molécules, un signal pour l'évolution de la gestion des espaces verts et des nuisibles
L'actualité de l'Anses mentionne l'autorisation de mise sur le marché d'un produit phytopharmaceutique générique nommé KRYON. Si cette information semble à première vue éloignée du cœur de métier des entreprises de nettoyage, elle est en réalité un excellent révélateur des tendances de fond qui impactent directement ou indirectement nos activités, notamment celles liées à la gestion des espaces verts, à la lutte antiparasitaire et à l'approche globale de la salubrité.
En tant que professionnels de la propreté et du multiservice, notre rôle ne se limite plus à l'entretien intérieur des bâtiments. Les contrats évoluent vers des prestations globales incluant souvent la maintenance des extérieurs, la gestion des déchets, et parfois même la dératisation ou la désinsectisation. L'environnement réglementaire autour des produits chimiques est en constante mutation, et chaque nouvelle autorisation ou retrait de substance active doit être scruté avec attention.
Les impacts opérationnels pour les entreprises de propreté et multiservices
L'autorisation d'un nouveau produit phytopharmaceutique générique, comme le KRYON, est un signal fort pour plusieurs aspects de nos opérations :
1. Gestion des espaces verts et lutte contre les invasives
De nombreuses entreprises de propreté ont élargi leur palette de services pour inclure l'entretien des espaces verts (tonte, taille, désherbage). L'évolution des produits phytosanitaires, même si elle concerne des substances actives spécifiques, reflète une tendance globale vers des solutions plus ciblées et potentiellement moins impactantes pour l'environnement, ou à l'inverse, l'arrivée de nouvelles solutions pour des problématiques jusqu'alors complexes. Par exemple, la lutte contre la berce du Caucase ou l'ambroisie demande des traitements spécifiques et réglementés. L'arrivée de génériques peut signifier une meilleure accessibilité de certaines solutions.
- Adaptation des méthodes : Fini le désherbage chimique systématique. La tendance est à la gestion différenciée, au désherbage mécanique ou thermique. Cependant, pour certaines espèces végétales envahissantes ou nuisibles (ex: frelon asiatique, pyrale du buis), des traitements ciblés peuvent rester nécessaires et réglementés. La disponibilité de génériques peut impacter les coûts et les protocoles d'intervention.
- Formation des équipes : Nos agents intervenant sur les espaces verts doivent être formés à l'identification des espèces, aux bonnes pratiques d'utilisation (ou de non-utilisation) des produits phytosanitaires et aux alternatives écologiques. Les certifications spécifiques, comme le Certiphyto pour les utilisateurs professionnels de produits phytosanitaires, deviennent incontournables si l'entreprise envisage ces interventions.
2. Services de dératisation et désinsectisation (3D)
Bien que les phytopharmaceutiques soient distincts des biocides utilisés en 3D, la dynamique réglementaire est souvent similaire : recherche de substances moins toxiques, restriction d'usage, et promotion d'alternatives non chimiques. L'autorisation d'un générique, qui vise à élargir l'accès à une solution connue, peut inspirer des réflexions sur les marchés des biocides. Une meilleure disponibilité de certaines molécules peut signifier une optimisation des coûts ou une meilleure efficacité pour des problématiques persistantes. Néanmoins, la vigilance reste de mise quant aux risques pour les applicateurs et l'environnement.
- Veille réglementaire accrue : Les entreprises offrant des services 3D doivent suivre de près les évolutions des autorisations de mise sur le marché (AMM) des produits biocides et les restrictions d'usage. L'approche intégrée de gestion des nuisibles (IPM - Integrated Pest Management) est désormais la norme, privilégiant la prévention et les méthodes non chimiques.
- Compétence des opérateurs : Les agents en 3D doivent être titulaires du Certibiocide. L'évolution des produits et des méthodes nécessite une formation continue pour garantir l'efficacité des interventions tout en minimisant les risques.
3. Hygiène et sécurité sur les sites d'intervention
Nos équipes peuvent être amenées à intervenir dans des environnements où des produits phytopharmaceutiques ont été appliqués (parcs, jardins, sites industriels ou agricoles). Une meilleure connaissance de ces produits, de leurs rémanences potentielles et des précautions à prendre est essentielle pour la sécurité de nos agents et des occupants des lieux.
- Évaluation des risques : Dans le cadre du Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels (DUERP), il est impératif d'intégrer les risques liés à l'exposition potentielle aux PPP sur les sites clients. Cela inclut la communication avec le client pour connaître les traitements effectués et la mise en place de protocoles de sécurité adaptés (choix des EPI, délai de rentrée).
- Communication client : Une transparence et une collaboration étroites avec les clients sont fondamentales. L'entreprise de nettoyage doit informer le client de ses protocoles et s'enquérir des éventuels traitements chimiques récents sur le site.
Points de vigilance réglementaire et normatifs
La mise sur le marché d'un générique n'est pas anodine. Elle s'inscrit dans un cadre réglementaire strict qui doit nous alerter sur plusieurs aspects :
- Règlement (CE) n° 1107/2009 : C'est le texte de référence pour l'autorisation de mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques. Il garantit un niveau élevé de protection de la santé humaine et animale et de l'environnement.
- Directive européenne 2009/128/CE : Elle vise à établir un cadre d'action communautaire pour parvenir à une utilisation des pesticides compatible avec le développement durable.
- Plan Écophyto : Ce plan national fixe des objectifs de réduction de l'utilisation des produits phytopharmaceutiques en France. Il encourage l'adoption de méthodes alternatives et la recherche de solutions plus écologiques.
- Certifications : Les certifications comme QUALIPROPRE ou ISO 14001 intègrent des exigences sur la gestion environnementale. L'utilisation (ou l'absence d'utilisation) de PPP, leur stockage et leur élimination doivent être conformes à ces exigences. La norme ISO 45001 sur la santé et sécurité au travail sera également impactée par la gestion des risques associés.
- Convention Collective (IDCC 3043) : Les aspects liés à la formation (Certiphyto/Certibiocide), aux EPI, aux conditions de travail et à la prévention des risques professionnels sont à considérer en adéquation avec les dispositions de la convention collective et le Code du Travail.
Checklist pour les dirigeants et responsables d'exploitation
Pour s'assurer que votre entreprise est prête à naviguer dans ce paysage réglementaire et opérationnel en évolution, voici une checklist :
- Veille réglementaire : Mettre en place une veille active sur les évolutions des autorisations de substances actives (PPP, biocides) et les restrictions d'usage de l'Anses, du ministère de l'Agriculture et de l'Environnement.
- Formation du personnel : Assurer la détention des certifications nécessaires (Certiphyto si usage, Certibiocide pour le 3D) et la formation continue des agents intervenant sur les espaces verts ou en 3D.
- Évaluation des risques : Mettre à jour le DUERP en intégrant les risques liés à l'exposition potentielle aux PPP sur les sites clients et les risques liés à l'utilisation de biocides.
- Protocoles d'intervention : Réviser les procédures opérationnelles pour la gestion des espaces verts (privilégier les méthodes alternatives) et la 3D (approche IPM).
- Traçabilité : Assurer la traçabilité des produits utilisés, des quantités, des dates et des lieux d'application, même si c'est le client qui les applique et que nos agents interviennent après coup.
- Achats responsables : Pour les services 3D, privilégier les produits ayant le moins d'impact sur l'environnement et la santé, en conformité avec les AMM en vigueur.
- Communication client : Établir un dialogue transparent avec les clients concernant les pratiques d'entretien des extérieurs et les traitements effectués sur leurs sites.
- Partenariats : Envisager des partenariats avec des experts paysagistes ou des sociétés 3D spécialisées et certifiées si ces activités ne sont pas le cœur de métier de votre entreprise, pour garantir la conformité et la qualité des prestations.
L'autorisation d'un produit comme le KRYON est un simple fragment d'une mosaïque bien plus grande. Elle nous rappelle que le secteur de la propreté et des multiservices est en première ligne face aux enjeux environnementaux et sanitaires. Anticiper, former et s'adapter sont les clés pour transformer ces défis en opportunités de développement et de différenciation.
Source de veille : [Anses — Actualités produits et substances](https://www.anses.fr/fr/decisions/phytosanitaire/decision-autorisation-mise-marche-dun-produit-generique-dun-produit-99).
Questions fréquentes
- Un produit phytopharmaceutique comme KRYON nous concerne-t-il directement ?
- Bien que le KRYON soit un phytopharmaceutique (pesticide), il ne concerne pas directement la propreté des locaux. Cependant, il est pertinent si votre entreprise propose des services d'entretien d'espaces verts, de lutte contre les nuisibles (3D), ou si vos agents interviennent sur des sites où de tels produits sont utilisés. Il souligne l'importance d'une veille réglementaire générale sur les produits chimiques.
- Quelles certifications sont nécessaires pour gérer des produits phytopharmaceutiques ?
- Pour l'utilisation professionnelle de produits phytopharmaceutiques, le Certiphyto est obligatoire. Pour les services de dératisation, désinsectisation, désinfection (3D), qui utilisent des biocides et non des phytopharmaceutiques, c'est le Certibiocide qui est requis. Ces certifications garantissent la compétence de vos équipes.
- Comment intégrer ces informations dans mon DUERP ?
- Votre DUERP doit identifier et évaluer les risques d'exposition potentielle de vos agents aux produits chimiques, y compris les phytopharmaceutiques, si vos équipes interviennent sur des sites traités (espaces verts, zones agricoles attenantes). Cela implique de communiquer avec vos clients sur les traitements effectués, de fournir les EPI adaptés et d'établir des protocoles de sécurité pour minimiser les risques.
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